SpiderFoot : cartographier sa surface d'exposition avec l'OSINT
SpiderFoot est un outil d'OSINT (Open Source Intelligence) tout-en-un : il croise automatiquement des dizaines de sources publiques pour cartographier ce qui est visible sur un domaine, une IP, un email ou une organisation. Utilisé en cybersécurité défensive, il sert à répondre à une question simple mais essentielle : qu'est-ce qu'un attaquant peut découvrir sur moi ou mon entreprise avant même de lancer la moindre attaque ?
1. Pas d'image Docker officielle : il faut builder
Contrairement à la plupart des outils présentés sur ce blog, le projet SpiderFoot ne publie aucune image prête à l'emploi sur Docker Hub. Les images tierces qu'on peut trouver sont abandonnées depuis plusieurs années — mieux vaut construire l'image soi-même depuis le dépôt officiel, qui fournit un Dockerfile à jour.
$ git clone https://github.com/smicallef/spiderfoot.git
$ cd spiderfoot
$ mkdir -p data
2. docker-compose.yml (build local)
Le port par défaut 5001 entre souvent en conflit avec d'autres services système (interfaces d'administration NAS notamment) — redirigez-le vers un port hôte libre :
services:
spiderfoot:
build:
context: ./
image: spiderfoot-local
container_name: spiderfoot
restart: unless-stopped
ports:
- "5011:5001"
volumes:
- ./data:/var/lib/spiderfoot
cat -A docker-compose.yml : chaque ligne doit se terminer par $ sans ^I visible.3. Build et lancement
$ docker compose up -d --build
# Le build télécharge les dépendances Python — plusieurs minutes sur un petit CPU
4. Erreur fréquente : permission refusée sur le volume
SpiderFoot tourne avec un utilisateur non-root à l'intérieur du conteneur, qui peut se heurter aux ACL de certains NAS (Synology notamment) même quand les permissions Unix classiques semblent correctes :
# PermissionError: [Errno 13] Permission denied: '/var/lib/spiderfoot/log'
$ chmod -R 777 ./data
$ docker compose up -d
5. Premier scan
Accès sur http://<IP_SERVEUR>:5011. Dans New Scan, renseignez le domaine ou l'email à auditer, choisissez le module "Passive" pour un premier balayage sans aucune requête active vers la cible, puis lancez. Le rapport final regroupe les résultats par type : sous-domaines, emails exposés, ports ouverts détectés passivement, présence sur des fuites de données connues...
Après une mise à jour du code source, un simplegit pullsuivi dedocker compose up -d --buildsuffit à reconstruire l'image avec les derniers modules.
Conclusion
SpiderFoot demande un peu plus d'huile de coude à l'installation que les outils packagés en image Docker officielle, mais reste la référence pour un audit OSINT complet et automatisé. C'est un bon point de départ avant un audit de sécurité plus poussé — savoir ce qui est déjà visible publiquement oriente directement les priorités de durcissement.